Se constituer une retraite en 2026 : PER ou rachat

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Comment se constituer une retraite correcte quand la pension moyenne de droit direct s’établit à 1 705 € brut par mois (DREES, données au 31 décembre 2024) ? On part d’un seul chiffre : l’écart entre la pension estimée sur info-retraite.fr et le revenu visé. Le rachat de trimestres vise les départs proches avec des trimestres manquants. Le PER sert les horizons longs et les revenus imposés. L’assurance-vie garde l’épargne disponible. Ce guide donne les barèmes 2026, les frais à lire dans un contrat et la mensualité à prévoir selon l’horizon.

Quel écart faut-il combler entre pension et revenu visé ?

Pour la moitié des assurés étudiés par la DREES (mars 2026), la pension est inférieure de plus de 25 % au dernier revenu d’activité, soit un taux de remplacement sous 75 %.

Connectez-vous à info-retraite.fr, ouvrez « Mon estimation retraite » et relevez la pension prévue à l’âge de départ visé. L’outil affiche plusieurs âges de départ (voir le mode d’emploi du simulateur retraite 2026). Vérifiez si le montant lu est brut ou net avant de le comparer à votre budget.

Prenons Marie, 3 000 € nets par mois en activité. Un objectif de 75 % de ce revenu donne 2 250 €. Si l’estimation affiche 1 750 € nets, l’écart atteint 500 € par mois, soit 6 000 € par an. Cet écart de 500 € resservira dans les calculs plus bas.

Répartition ou capitalisation : que finance chaque étage ?

Les pensions obligatoires fonctionnent en répartition : les cotisations de l’année paient les pensions de l’année. Les dépenses de retraite ont représenté 422 milliards d’euros en 2025, soit 14,1 % du PIB, d’après le rapport annuel du COR de juin 2026. La capitalisation fait l’inverse : vous constituez votre propre capital, avec le risque de marché qui l’accompagne.

Le socle obligatoire comprend la retraite de base (Assurance retraite, MSA) et les complémentaires comme l’Agirc-Arrco pour les salariés du privé. Ses règles bougent : la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 suspend jusqu’en 2028 le relèvement de l’âge légal. La génération 1964 part à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres. L’âge de 64 ans ne s’applique qu’à partir de la génération 1969 (Service-Public, février 2026). Le tableau complet par génération est dans l’article sur la suspension de la réforme.

Au-dessus de ce socle, l’épargne d’entreprise (participation, intéressement, PER collectif) reçoit parfois un abondement de l’employeur : le plan épargne retraite d’entreprise est le support où l’employeur peut ajouter de l’argent à vos versements.

Discussion entre trois personnes âgées autour de leur stratégie d'épargne retraite

PER, assurance-vie, PEA : quel support pour quel usage ?

Le PER est le seul des trois dont les versements réduisent l’impôt de l’année. En contrepartie, l’argent reste bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas légaux de déblocage anticipé. Aucun texte n’impose d’en ouvrir un : le rachat de trimestres ou l’assurance-vie répondent aussi à l’écart de Marie. Les encours du PER ont atteint 150,4 milliards d’euros pour environ 12,9 millions de titulaires fin 2025 (données consolidées publiées en mai 2026).

La déduction vaut dans la limite de 10 % du revenu d’activité net de l’année précédente, avec un plancher de 4 710 € et un maximum de 37 680 € (impots.gouv.fr). Les travailleurs non salariés ajoutent 15 % de la part de bénéfice comprise entre 1 et 8 fois le plafond de la Sécurité sociale. Le calcul complet et le report des plafonds non utilisés sont détaillés dans l’article sur le plafond épargne retraite. Une limite récente s’ajoute pour les plus de 70 ans :

« Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur votre PER après vos 70 ans sont toujours possibles mais ne sont plus déductibles. » (Service-Public, page vérifiée le 12 octobre 2026)

Ce que devient l’avantage fiscal passé cet âge est chiffré dans PER après 70 ans. À la sortie en capital, les versements déduits sont imposés au barème sans abattement de 10 % ; les gains subissent le prélèvement forfaitaire de 12,8 % augmenté des prélèvements sociaux.

PER, assurance-vie et PEA en 2026 : accès aux fonds et fiscalité
Support Accès aux fonds À l’entrée À la sortie
PER Bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas légaux (résidence principale, invalidité, surendettement) Versements déductibles dans le plafond, jusqu’aux 70 ans du titulaire Versements déduits taxés au barème, gains à 12,8 % plus prélèvements sociaux
Assurance-vie Retrait possible à tout moment Aucune déduction Après 8 ans, abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains, pour l’impôt uniquement
PEA Retrait avant 5 ans : clôture du plan, sauf cas de déblocage Aucune déduction, versements plafonnés à 150 000 € Après 5 ans, gains exonérés d’impôt sur le revenu

Les prélèvements sociaux changent d’un support à l’autre depuis 2026. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a porté la CSG sur les revenus du patrimoine de 9,2 % à 10,6 %, soit 18,6 % au total : les gains d’un PEA y sont soumis, alors que les produits des contrats d’assurance-vie avec garantie de capital à terme restent à 17,2 %.

L’immobilier locatif et les SCPI complètent ce socle sans le remplacer : une SCPI se loge aussi dans une assurance-vie. Les loyers directs entrent dans le revenu imposable (micro-foncier jusqu’à 15 000 € de loyers annuels, avec 30 % d’abattement).

Rachat de trimestres ou PER : lequel choisir quand le départ approche ?

Le rachat ne sert que si des trimestres manquent avant l’âge du taux plein. Chaque trimestre manquant déclenche la décote : il retire 0,625 point au taux de 50 % du régime général, soit 1,25 % de la pension de base, sur 20 trimestres au plus (taux plancher de 37,5 %). Pour les années d’études supérieures et les années comptant moins de 4 trimestres validés, le rachat est limité à 12 trimestres. Le montant se déduit du revenu imposable (Assurance retraite).

Le barème 2026 de l’option « taux seul », qui réduit la décote sans augmenter la durée d’assurance, démarre à 1 055 € par trimestre à 20 ans. À 60 ans, il s’établit entre 3 275 € (revenu sous 36 045 €) et 4 367 € (revenu au-dessus de 48 060 €). L’option « taux et durée d’assurance » coûte de 4 854 € à 6 472 € au même âge ; son choix est irrévocable (barème publié par Moneyvox d’après la circulaire Cnav du 5 février 2026).

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Avec une pension de base de 1 200 € par mois, un trimestre de décote évité rapporte 15 € par mois, soit 180 € par an. À 3 275 € le trimestre, l’amortissement prend 18 ans ; à 4 367 €, 24 ans (hors fiscalité et revalorisations). Sur ce profil, le rachat se justifie surtout pour un départ proche au taux plein.

Le PER répond à une autre situation : un écart dû au niveau des revenus et non aux trimestres, un horizon long, une tranche marginale d’imposition d’au moins 30 %. Si l’écart vient de trimestres manquants, chiffrez d’abord le rachat avec le service de simulation de l’Assurance retraite et le guide simuler le coût et la rentabilité d’un rachat de trimestres. Les deux démarches ne s’excluent pas.

Se constituer une retraite sans PER : revenus faibles, indépendants, carrière à trous

Sans PER, deux leviers restent : retrouver les trimestres que votre relevé ne montre pas, puis épargner sur assurance-vie ou PEA, qui n’ont ni plafond de déduction ni condition de revenu.

Le PER perd de son intérêt quand la tranche marginale est basse. Une déduction n’économise que votre taux d’imposition marginal : 1 000 € versés font gagner 110 € d’impôt à 11 %, 300 € à 30 % (calcul), alors que la sortie sera elle aussi imposée. Un foyer non imposable ne tire aucun gain de la déduction.

Pour un indépendant dont les revenus varient d’une année à l’autre, rien n’oblige à verser chaque année : le PER individuel est ouvert aux travailleurs non salariés et aux demandeurs d’emploi. Ses versements sont libres.

Une carrière à trous se traite avant d’épargner. Ouvrez votre relevé de carrière retraite, repérez les années à moins de 4 trimestres et vérifiez que la caisse n’a pas omis de périodes. Ce qui reste manquant se rachète, dans la limite des 12 trimestres.

Frais : combien retirent-ils du capital ?

Sur 300 € versés par mois pendant 25 ans avec 4 % de rendement brut, 0,6 % de frais annuels laissent environ 141 500 € ; 2 % de frais ramènent le capital à 116 600 €, soit 18 % de moins (calcul, hors frais sur versement).

Le Comité consultatif du secteur financier a mesuré en 2021 des frais sur versement maximum de 3,18 % en moyenne (de 0 à 5 %) sur 34 PER assurance. Les frais de gestion du contrat sur unités de compte atteignaient 0,85 % par an en moyenne. Un contrat investi à 100 % en unités de compte actions cumulait 2,75 % en moyenne, avec des extrêmes de 1,30 % à 4,8 % (rapport CCSF, juillet 2021). Ces mesures précèdent l’accord de place du 2 février 2022 : depuis le 1er juin 2022, chaque producteur doit publier un tableau standard de frais.

Lisez dans ce tableau les frais de gestion du plan et des supports, puis les frais sur versement et ceux d’arbitrage. La ligne de transfert sortant compte si vous changez un jour de contrat. La ligne « gestion pilotée par horizon » indique le coût de la désensibilisation automatique des supports à l’approche du départ. Comparez deux contrats ligne à ligne avant de signer.

Combien épargner chaque mois en tenant compte de l’inflation ?

Pour combler 500 € par mois pendant 25 ans, soit 150 000 € en euros d’aujourd’hui, comptez environ 410 € par mois sur 20 ans avec 4 % de rendement brut. Avec 2 % d’inflation annuelle, la mensualité monte à 510 €.

Versement mensuel pour constituer 150 000 € selon l’horizon (rendement brut de 4 %, hors frais et fiscalité)
Horizon Sans inflation Avec 2 % d’inflation par an
10 ans 1 020 € 1 130 €
15 ans 610 € 720 €
20 ans 410 € 510 €
25 ans 290 € 390 €

La colonne de droite suppose un versement revalorisé chaque année pour suivre les prix. L’hypothèse de 2 % reprend le niveau de 2024 selon l’INSEE : l’inflation annuelle moyenne a atteint 5,2 % en 2022, 4,9 % en 2023, 2,0 % en 2024 puis 0,9 % en 2025, soit environ 13,6 % de hausse cumulée des moyennes annuelles entre 2021 et 2025 (calcul). À 2 % par an, 500 € d’aujourd’hui en valent 743 € dans 20 ans.

Un démarrage précoce change l’ordre de grandeur : 200 € par mois pendant 34 ans (de 30 à 64 ans) donnent environ 173 000 € à 4 % brut, contre environ 135 000 € pour 600 € par mois pendant 14 ans (de 50 à 64 ans). Ces projections sont des hypothèses de calcul, sans garantie de rendement.

Questions fréquentes sur l’épargne retraite

Peut-on débloquer son PER avant la retraite ?

Oui, dans des cas limités par la loi : achat de la résidence principale (pour le compartiment des versements volontaires), invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits à l’assurance chômage, cessation d’activité non salariée après liquidation judiciaire. Pour la résidence principale, la part correspondant aux versements déduits est imposée à l’impôt sur le revenu sans abattement de 10 % et exonérée de prélèvements sociaux, les gains restant au prélèvement forfaitaire.

Peut-on cumuler un PER d’entreprise et un PER individuel ?

Oui. Les deux plans partagent le même plafond de déduction. En cas de départ de l’entreprise, l’épargne du PER collectif se transfère vers un PER individuel sans fiscalité ; la procédure est détaillée dans l’article sur le transfert d’un ancien PERCO vers un PER.

Capital ou rente viagère à la sortie du PER ?

La rente garantit un revenu à vie et protège contre le risque de longévité ; elle est irrévocable et sa transmission dépend de l’option de réversion choisie. Le capital laisse la maîtrise des fonds et facilite la transmission. Une sortie mixte, avec une rente couvrant les dépenses fixes, combine les deux. Un conseiller en gestion de patrimoine indépendant chiffre le choix selon votre tranche d’imposition à la retraite et votre patrimoine global.

À partir de quel âge peut-on ouvrir un PER ?

À 18 ans, depuis le 1er janvier 2024 (Service-Public). Aucune limite haute n’existe à l’ouverture : un PER ouvert à 55 ans bénéficie de neuf années de déduction avant 64 ans, tant que le titulaire n’a pas atteint 70 ans.

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