Les mois de chômage comptent-ils pour la retraite ? Oui pour la durée d’assurance : le chômage indemnisé valide 1 trimestre par tranche de 50 jours (4 par an au maximum) et donne des points Agirc-Arrco gratuits. Il ne fait pas monter la pension de base comme un salaire. Le chômage non indemnisé valide moins de trimestres et aucun point.
Après deux ans sans emploi le relevé de carrière affiche parfois moins de trimestres qu’attendu. Les plafonds ci-dessous permettent de savoir si le compte y est.
Que valide le chômage selon votre situation ?
Le tableau reprend les plafonds publiés par La Retraite en Clair (2021).
| Situation | Trimestres validés | Points Agirc-Arrco | Limite |
|---|---|---|---|
| Chômage indemnisé | 1 trimestre pour 50 jours indemnisés | Oui (points gratuits) | 4 trimestres par an |
| Non indemnisé : première période | Trimestres assimilés | Aucun | 6 trimestres maximum |
| Non indemnisé suivant, moins de 55 ans | Trimestres assimilés | Aucun | 4 trimestres maximum |
| Non indemnisé suivant, 55 ans et plus avec moins de 20 ans de cotisation | Trimestres assimilés | Aucun | 4 trimestres maximum |
| Non indemnisé suivant, 55 ans et plus avec plus de 20 ans de cotisation | Trimestres assimilés | Aucun | 20 trimestres maximum |
Un trimestre assimilé compte pour la durée d’assurance. Il n’a pas la même nature qu’un trimestre cotisé sur un salaire, une nuance qui pèse dès que l’on vise un départ anticipé (carrière longue à 58 ans, par exemple).
Chômage indemnisé : 1 trimestre pour 50 jours et des points gratuits
La règle tient en une phrase : 50 jours indemnisés valident 1 trimestre, dans la limite de 4 trimestres par année civile. Une personne indemnisée pendant 200 jours dans l’année obtient donc 4 trimestres.
Côté retraite complémentaire, l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) ouvre des points Agirc-Arrco sans cotisation de votre part, comme le rappelle La Retraite en Clair. Leur nombre dépend du salaire journalier de référence (SJR) et de la durée d’indemnisation. La valeur du point évolue chaque année : le suivi se trouve dans notre dossier sur la valeur du point Agirc-Arrco.
France Travail communique chaque année les périodes de chômage prises en compte pour la retraite au régime général et aux caisses complémentaires conventionnées. Il vous en envoie l’attestation « Caisse de retraite complémentaire ». Gardez-la sans limite de durée : les caisses peuvent vous la demander au moment de liquider la pension. Les périodes de différé d’indemnisation ou de délai d’attente valident des trimestres mais ne donnent aucun point complémentaire.
Chômage non indemnisé : des plafonds plus bas et aucun point
Sans allocation les règles se resserrent. Une première période non indemnisée valide jusqu’à 6 trimestres. Pour les périodes suivantes (après une période indemnisée) le plafond tombe à 4 trimestres avant 55 ans. Il reste à 4 à partir de 55 ans quand vous cumulez moins de 20 ans de cotisation. Avec plus de 20 ans de cotisation il monte à 20 trimestres, soit 5 années de chômage non indemnisé qui comptent pour la durée. Deux conditions s’y ajoutent : avoir au moins 55 ans à la fin de l’indemnisation et ne pas relever à nouveau d’un régime obligatoire d’assurance vieillesse.
Aucun point Agirc-Arrco ne s’ajoute dans ces périodes. Sur la complémentaire la période reste donc vide.
Le RSA ne crée pas de droit à la retraite et ne valide aucun trimestre, précise l’Assurance retraite. L’allocation de solidarité spécifique (ASS) est versée quand les droits à l’ARE sont épuisés (fiche Service-Public vérifiée le 1er avril 2026). Elle fait au contraire partie des allocations de solidarité qui valident des trimestres automatiquement, selon la fiche de l’Unédic mise à jour en octobre 2026. Le chômage partiel ou une rupture conventionnelle suivie d’une indemnisation relèvent du chômage indemnisé : seuls comptent les jours réellement payés par France Travail.
À 55 ans et plus : durée d’indemnisation et maintien jusqu’à la retraite
Pour les fins de contrat intervenues après le 31 mars 2025 France Travail applique ses règles seniors dès 55 ans (53 ans auparavant). L’affiliation exigée est de 130 jours ou 910 heures travaillés sur les 36 mois précédant la fin du contrat (24 mois avant cet âge). La durée maximale d’indemnisation, compléments de fin de droits inclus, se lit ainsi (France Travail, 2025) :
- 730 jours (2 ans) en règle générale ;
- 913 jours (2 ans et 6 mois) à 55 et 56 ans ;
- 1 095 jours (3 ans) à partir de 57 ans.
La dégressivité de l’allocation ne touche que les moins de 55 ans dont l’ancien salaire dépasse 162,40 € brut par jour (4 939,67 € par mois au 1er juillet 2025). Les conditions de durée et de montant par tranche d’âge sont détaillées dans notre guide du chômage en fin de carrière.
Reste la fin de droits. L’indemnisation peut se prolonger au-delà de la durée maximale jusqu’à la retraite à taux plein si toutes ces conditions sont réunies. Il faut avoir atteint l’âge minimum légal (de 62 à 64 ans selon l’année de naissance, voir la section sur l’âge légal plus bas). Il faut aussi être indemnisé depuis au moins 1 an (360 jours). Il faut aussi justifier de 12 ans d’appartenance à l’assurance chômage et de 100 trimestres validés. S’ajoute 1 an d’emploi continu ou 2 ans discontinus sur les 5 dernières années. Une pension de retraite perçue en parallèle est déduite de l’allocation. Si une seule condition manque l’allocation s’arrête à la durée maximale.
Âge légal : ce que change la suspension de la réforme de 2023
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi du 30 décembre 2025, article 105) a suspendu la montée en charge de la réforme de 2023. Cette suspension joue pour les retraites qui prennent effet à partir du 1er septembre 2026. Le tableau donne l’âge légal et la durée d’assurance du taux plein après suspension, d’après la page Âge légal d’Info Retraite.
| Année de naissance | Âge légal | Trimestres pour le taux plein |
|---|---|---|
| 1964 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| Janvier à mars 1965 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| Avril à décembre 1965 | 63 ans | 171 |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| 1969 et après | 64 ans | 172 |
Un assuré né en 1964 peut donc partir à 62 ans et 9 mois, un assuré né en 1968 à 63 ans et 9 mois. Pour les retraites effectives avant le 1er septembre 2026, l’ancien calendrier continue de s’appliquer. Les cas par génération sont expliqués dans notre page sur la suspension de la réforme.
Le chômage fait-il monter le montant de la pension ?
Peu. Les trimestres de chômage jouent sur la durée d’assurance : ils rapprochent du taux plein et réduisent la décote de 0,625 point par trimestre manquant. Huit trimestres manquants coûtent ainsi 5 points de décote (8 × 0,625). Si 2 ans d’indemnisation (200 jours par an) apportent justement ces 8 trimestres la décote disparaît pour cette part de la carrière. C’est l’effet réel du chômage sur le montant : il supprime une pénalité de décote.
La pension de base se calcule pourtant sur le salaire annuel moyen (SAM), construit à partir des années de salaire. Une année de chômage n’apporte pas de salaire à cette moyenne : elle remplit la durée sans la relever. Un salarié dont les meilleures années datent d’avant une longue période sans emploi garde donc le même SAM après celle-ci. Les points gratuits de l’Agirc-Arrco sont le seul levier qui joue sur le montant lui-même. Leur calcul repose sur le SJR de l’allocation.
Si des trimestres manquent malgré tout le rachat de trimestres permet de combler l’écart à un coût qui dépend de l’âge et du revenu.
Comment vérifier ses trimestres de chômage sur le relevé de carrière ?
Ouvrez votre relevé de carrière et repérez chaque année de chômage. Comparez le nombre de trimestres affichés au calcul de 1 par 50 jours indemnisés. Un écart peut venir d’une période que France Travail n’a pas transmise ou que la caisse n’a pas reportée. Pour obtenir le document, suivez la marche à suivre pour le relevé de carrière.
Si une période manque, rassemblez les attestations annuelles de France Travail de l’année concernée (jours indemnisés, périodes non indemnisées). Signalez ensuite l’écart à l’Assurance retraite depuis votre espace personnel, avec le service « Compléter ma carrière et déclarer mes enfants ». Vous pouvez aussi écrire à votre CARSAT en joignant ces justificatifs. Si la caisse a oublié d’autres périodes, voyez aussi les trimestres oubliés par la caisse.
Les erreurs de pension sont-elles rares ?
Non. Dans sa certification des comptes de 2025, la Cour des comptes relève qu’une prestation de retraite sur 9 attribuée à d’anciens salariés comporte une erreur financière, contre une sur 10 en 2024. L’impact financier de ces erreurs sur toute la durée de vie des pensionnés atteint 1,1 milliard d’euros (0,9 milliard en 2024). La Cour ne dit pas que ces erreurs portent sur le chômage : elles justifient surtout de relire son relevé avant de déposer sa demande.
Questions fréquentes
Le chômage compte-t-il pour le taux plein ?
Oui pour la durée d’assurance. Les trimestres validés en chômage s’additionnent aux trimestres cotisés pour atteindre la durée requise du taux plein.
Le chômage non indemnisé donne-t-il des points de retraite complémentaire ?
Non. Seul le chômage indemnisé ouvre des points Agirc-Arrco gratuits, comme le précise La Retraite en Clair.
Quelle durée d’indemnisation à 57 ans ?
Jusqu’à 1 095 jours (3 ans), compléments de fin de droits inclus. France Travail détaille ces durées sur sa page « J’ai 55 ans ou plus ».
Le chômage permet-il de partir plus tôt ?
Il peut aider à réunir la durée requise. Le départ anticipé obéit à des conditions distinctes : le point de départ est l’article sur la carrière longue cité plus haut.
Où voir les trimestres de chômage déjà validés ?
Sur le relevé de carrière, année par année. Une année de chômage indemnisé peut y figurer sans trimestre quand la transmission a manqué : comparez avec vos jours indemnisés.