Simulateur retraite 2026 : ce qui change dans Mon estimation retraite et comment calculer votre pension

Homme consultant son smartphone pour simuler sa retraite 2026 avec Mon estimation retraite

« Il vient d’être actualisé selon les mesures actuellement en vigueur », indiquait la Direction de l’information légale et administrative le 5 février 2026 en annonçant la mise à jour du simulateur Mon estimation retraite. Des milliers de futurs retraités qui avaient consulté leur estimation en 2025 se retrouvent avec un chiffre différent aujourd’hui. Pour certaines générations nées entre 1964 et 1968, le départ est possible plusieurs mois plus tôt qu’attendu, avec un nombre de trimestres validés requis revu à la baisse. Si votre simulation affiche encore 1 850 € brut pour un départ à 64 ans alors que vous avez cotisé pour mieux, la recalculer avec les nouvelles règles vaut le coup.

Ce que la LFSS 2026 a changé dans le simulateur

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a apporté deux changements que le portail Info Retraite a intégrés à son simulateur : la suspension partielle de la réforme Borne de 2023 et un nouveau mode de calcul du revenu annuel moyen pour les mères.

Sur la suspension : le relèvement progressif de l’âge légal et de la durée d’assurance, instaurés par la loi Borne 2023, est gelé jusqu’au 1er janvier 2028 pour les générations 1964 à 1968. Ces règles ne s’appliquent qu’aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. En pratique, une personne née en 1964 pouvait partir à 63 ans selon la trajectoire Borne ; elle peut désormais partir à 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres requis au lieu de 171. Pour les générations 1966-1968, le gain porte uniquement sur l’âge légal (3 mois), sans réduction de la durée d’assurance.

Sur le calcul pour les mères : à compter des retraites liquidées au 1er janvier 2026, les femmes ayant un seul enfant verront leur salaire annuel moyen calculé sur les 24 meilleures années de rémunération au lieu de 25. Pour les femmes ayant deux enfants et plus, le calcul reste sur les 23 meilleures années. Ce détail, absent de la plupart des guides pratiques en ligne, peut représenter plusieurs dizaines d’euros de pension mensuelle pour les parcours avec des années de faible rémunération.

Comment fonctionne Mon estimation retraite en 2026

Le simulateur est accessible via le compte retraite sur info-retraite.fr. Une version sans connexion existe aussi, utile pour une première approximation si vous n’avez pas encore créé votre espace personnel.

Une fois connecté, l’outil agrège automatiquement les droits enregistrés par l’ensemble de vos régimes : CNAV pour les salariés du privé, AGIRC-ARRCO pour la complémentaire, SSI pour les indépendants (ex-RSI), MSA pour les agriculteurs. Pour chaque âge possible de départ, il affiche le nombre de trimestres acquis, le montant mensuel estimé et signale les surcotes ou décotes applicables.

La surcote est de 1,25 % par trimestre supplémentaire travaillé au-delà du taux plein, jusqu’à 70 ans. La décote fonctionne à l’identique : chaque trimestre manquant par rapport à la durée requise réduit la pension de 1,25 %. Ces taux, inchangés par la LFSS 2026, s’appliquent uniquement à la pension de base ; la complémentaire AGIRC-ARRCO fonctionne selon un système de points distinct, avec une valeur du point fixée à 1,4386 € depuis novembre 2024.

Une mise à jour complémentaire interviendra courant 2026 pour intégrer les trimestres pour enfants dans le calcul des carrières longues (deux trimestres par enfant, dans la limite de quatre trimestres) et les bonifications de durée pour certaines fonctionnaires. Ces évolutions s’appliqueront aux retraites prenant effet au 1er septembre 2026.

Générations 1964-1968 : les nouveaux âges légaux après suspension

La suspension de la réforme Borne ne profite pas à toutes les générations de la même façon. Les assurés nés en 1964 et 1965 (premier trimestre) récupèrent des mois sur l’âge légal et voient aussi leur durée d’assurance requise baisser. Pour les générations 1966 à 1968, seul l’âge recule de 3 mois : le nombre de trimestres, lui, reste à 172.

Pour un assuré né en 1964, l’âge légal passe de 63 ans (réforme Borne) à 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres requis au lieu de 171. Né en 1965 avant le 31 mars, même bénéfice : 62 ans et 9 mois, 170 trimestres. Pour une naissance en 1965 entre avril et décembre : 63 ans (contre 63 ans et 3 mois), 171 trimestres au lieu de 172. Les générations 1966 (63 ans et 3 mois au lieu de 63 ans et 6 mois), 1967 (63 ans et 6 mois au lieu de 63 ans et 9 mois) et 1968 (63 ans et 9 mois au lieu de 64 ans) conservent la durée d’assurance à 172 trimestres.

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Si vous êtes concerné par ces générations et que vous n’avez pas relancé une simulation depuis janvier 2026, les chiffres affichés dans votre compte pourraient ne pas encore refléter la suspension. Info Retraite a précisé que le simulateur intègre aussi bien les simulations avec compte personnel que celles en mode non connecté, selon Service Public (février 2026).

La revalorisation des pensions en 2026 et son impact sur le calcul

Les pensions de retraite de base ont été revalorisées de +0,9 % au 1er janvier 2026, selon les données officielles publiées par Service Public. Les complémentaires AGIRC-ARRCO n’ont pas été revalorisées en 2026 : faute d’accord au conseil d’administration d’octobre 2025, la valeur de service du point est restée gelée à 1,4386 €. Ces revalorisations n’affectent pas la formule de calcul du simulateur ; elles actualisent les montants de référence pour les droits déjà liquidés.

Sur la CSG et la CRDS appliquées aux pensions : le barème 2026 a été relevé de 1,8 % pour tenir compte de l’évolution des prix à la consommation. Les taux restent échelonnés entre 0 % (exonération) et 8,3 % selon le revenu fiscal de référence, auxquels s’ajoutent la CRDS à 0,5 % et la Casa à 0,3 %. Un futur retraité dont la pension brute est de 1 900 € par mois subit donc des prélèvements sociaux de l’ordre de 9,1 % s’il n’est pas exonéré, soit environ 173 € nets en moins.

Le simulateur Mon estimation retraite affiche des montants bruts. Pour obtenir le net, il faut déduire ces prélèvements selon le revenu fiscal de référence de l’année N-2, ce que le simulateur ne fait pas automatiquement.

Avant de penser PER ou assurance-vie, vérifiez d’abord ce que vous avez déjà

La question du rachat de trimestres revient souvent après une simulation. Le coût d’un rachat dépend de l’âge au moment de la demande, du salaire de référence et du régime : entre 3 000 € et 10 000 € par trimestre pour un salarié du privé. La rentabilité tient uniquement si l’espérance de vie dépasse le seuil d’amortissement, généralement entre 10 et 15 ans après la date de départ rachetée.

Avant d’investir dans un PER individuel ou de souscrire une assurance-vie multisupport, mesurez l’écart entre la pension estimée et votre revenu cible, puis calculez combien d’années d’épargne seraient nécessaires pour le combler. Le simulateur Mon estimation retraite donne ce premier chiffre, sans vous orienter vers aucun produit particulier.

Ce premier bilan repose uniquement sur des données déjà présentes dans votre compte Info Retraite, sans passer par aucun produit financier. L’EIG (estimation indicative globale) que vous avez peut-être reçue par courrier reste utile comme point de comparaison, mais elle date du dernier envoi automatique et n’intègre pas les modifications de la LFSS 2026.

Comment personnaliser votre simulation au-delà de l’estimation de base

Vous pouvez projeter des situations futures au-delà de l’estimation de base : passage à temps partiel, période de chômage, activité à l’étranger, arrêt d’activité anticipé. Chaque variable modifie le nombre de trimestres validés et l’assiette des cotisations.

Les périodes de chômage indemnisé ouvrent droit à des trimestres validés (un trimestre par période de 50 jours d’indemnisation), mais elles ne génèrent pas de points AGIRC-ARRCO au même rythme qu’une activité salariée. La simulation intégrée au compte retraite prend ce différentiel en compte si vos droits ont bien été transmis par France Travail à l’AGIRC-ARRCO.

Si des périodes manquent dans votre relevé de carrière, la rubrique « Ma carrière » du compte Info Retraite permet de signaler les incohérences directement aux régimes concernés, via M@rel (service de mise à jour des droits). Ces corrections prennent plusieurs semaines mais elles ont un impact direct sur le montant simulé.

Chaque trimestre compte. Et certains sont là depuis le début de votre carrière, simplement mal enregistrés.

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