Retraite 2026 : le calendrier des échéances à ne pas manquer cette année

Femme consultant un calendrier et des factures
Elle vérifie une date importante tout en triant ses documents. Un moment d’organisation à domicile, entre calendrier et factures.

« Je proposerai au Parlement, dès cet automne, que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle. Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’en janvier 2028 », déclarait Sébastien Lecornu, Premier ministre, devant l’Assemblée nationale le 14 octobre 2025.

Cette phrase a suspendu une réforme. Elle n’a suspendu ni la revalorisation des pensions ni les dates de versement ni les délais à respecter pour déposer un dossier de départ. En 2026, au moins six échéances distinctes rythment l’année, indépendamment les unes des autres : la revalorisation des pensions de base en janvier, celle des pensions d’invalidité en avril, le gel du point Agirc-Arrco jusqu’en octobre, des décalages de virement liés aux jours fériés, un délai resserré pour déposer une demande de retraite et l’ajustement annuel du taux de prélèvement à la source en septembre. « Je sais pas si je dois racheter mes trimestres ou pas, c’est tellement opaque » : ce doute revient souvent chez les actifs de plus de 55 ans et il tient en bonne partie à cet empilement de calendriers gérés par des caisses différentes.

Ce que change (et ce qui ne change pas) avec la suspension de la réforme

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, promulguée le 30 décembre 2025 (publiée au Journal officiel le lendemain), gèle le calendrier de la réforme Borne de 2023. Chaque génération née à partir de 1964 gagne trois mois sur le calendrier initial, à l’exception des personnes nées entre janvier et mars 1965, qui en gagnent six. L’âge légal s’échelonne ainsi de 62 ans et 9 mois pour la génération 1964 (170 trimestres requis) à 63 ans et 9 mois pour la génération 1968 (172 trimestres) et non à un seuil unique gelé pour tout le monde jusqu’en janvier 2028. L’âge de 64 ans ne s’appliquera qu’aux générations nées à partir de 1969, sauf nouvelle intervention du législateur avant 2028. Aucune de ces mesures ne touche à la revalorisation des montants : les deux calendriers avancent chacun de leur côté.

Le calendrier des revalorisations, coincé entre trois régimes

Trois dates de revalorisation rythment 2026, chacune pilotée par un texte différent. Au 1er janvier, les pensions de base progressent de 0,9% (coefficient 1,009), en application de la circulaire Cnav 2025/29 du 22 décembre 2025 et de l’article L. 161-25 du code de la sécurité sociale. Au 1er avril, les pensions d’invalidité suivent avec +0,8%. Le régime complémentaire, lui, reste à l’arrêt : faute d’accord entre partenaires sociaux le 17 octobre 2025, la valeur du point Agirc-Arrco demeure fixée à 1,4386€, son niveau depuis le 1er novembre 2024 et ce jusqu’au 31 octobre 2026. Un retraité qui touche 900€ de base et 600€ de complémentaire voit sa pension de base progresser en janvier et sa complémentaire rester identique toute l’année ; le recalcul global n’aura lieu que si les négociations Agirc-Arrco aboutissent à l’automne.

Les dates de versement à cocher dans l’agenda

9 mai qui tombe un samedi, 8 mai férié : la pension de mai 2026 ne suit pas le rythme habituel. Le 9 du mois, à terme échu, c’est la règle appliquée par la Cnav pour les pensions de base du régime général, quand l’Agirc-Arrco verse le 1er jour ouvré du mois pour la retraite complémentaire. Les deux caisses suivent des calendriers distincts et 2026 n’échappe pas aux ajustements liés aux jours fériés.

Les dates de versement à cocher dans l'agenda
  1. Janvier : revalorisation des pensions de base de 0,9%, versement le 9.
  2. Avril : revalorisation des pensions d’invalidité de 0,8%.
  3. Mai : la Cnav avance son virement au 7 mai (le 9 mai tombe un samedi, précédé du 8 mai férié) ; l’Agirc-Arrco décale le sien au 4 mai, le 1er mai férié reportant le versement au premier jour ouvré suivant.
  4. Septembre : ajustement du taux de prélèvement à la source, calculé sur la déclaration de revenus du printemps.
  5. Octobre : fin de la période de gel du point Agirc-Arrco.
  6. Novembre : date habituelle de revalorisation du point Agirc-Arrco, sous réserve d’un accord des partenaires sociaux.
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Un décalage de deux jours ne change rien au montant. Il change en revanche la date à laquelle un prélèvement automatique programmé sur le compte peut être honoré.

Rachat de trimestres et dépôt de dossier : le tempo à respecter

Ce doute sur l’intérêt d’un rachat revient souvent dans les échanges autour d’un départ prévu entre 63 et 65 ans. Le rachat de trimestres n’a pas de date limite légale mais un intérêt qui varie avec l’âge visé : chaque trimestre validé rapproché du taux plein réduit d’autant la décote de 1,25% appliquée par trimestre manquant, alors que la surcote, au même taux, récompense les trimestres travaillés au-delà de la durée requise. Le coût d’un trimestre racheté au titre des années d’études dépend de l’option choisie et du revenu, ce qui rend une simulation individuelle plus utile qu’une règle générale affichée sur un comparateur. Sur le dépôt du dossier de retraite proprement dit, l’Assurance Retraite recommande désormais un délai de 4 mois avant la date d’effet choisie, un seuil resserré par la garantie de versement mise en place ces dernières années ; il grimpait à 6 mois pour les fonctionnaires et certains départs en carrière longue. Un départ visé au 1er janvier 2027 se prépare donc dès l’été 2026, rachat de trimestres compris si la décision est prise d’y recourir. Une option existe pour qui hésite à racheter un trimestre au prix fort : la retraite progressive, ouverte dès 60 ans, permet de réduire son temps de travail tout en touchant une fraction de la pension, sans attendre le taux plein. Elle ne dispense pas de vérifier le relevé de carrière avant d’arbitrer entre les deux options, chaque trimestre validé en plus changeant le calcul final.

Fiscalité de la pension : ce qui bouge, sans produit à souscrire

Une pension de retraite reste soumise à l’IRPP comme un salaire et au prélèvement à la source appliqué directement par les caisses. En 2026, les seuils d’application de la CSG et de la CRDS sont revalorisés de 1,8%, ce qui déplace légèrement les tranches à 0%, 3,8%, 6,6% et 8,3% selon le revenu fiscal de référence. Un retraité qui atteint le taux plein de CSG cumule aussi la CRDS à 0,5% et la Casa à 0,3%, soit 9,1% de prélèvements sociaux au total sur la pension brute. Le taux exact dépend du revenu fiscal de référence propre à chaque foyer, calculé sur la déclaration de revenus du printemps précédent : aucun barème générique ne vaut pour tout le monde. Aucun produit d’épargne, PER inclus, ne modifie ce calcul.

Ce que le calendrier officiel ne garantit pas

La date de revalorisation du point Agirc-Arrco au 1er novembre reste indicative tant que les partenaires sociaux n’ont pas signé d’accord ; le précédent d’octobre 2025 montre qu’une négociation peut échouer sans qu’aucune annonce ne le laisse deviner à l’avance. Le seul repère qui bouge en temps réel est l’espace personnel Info Retraite, mis à jour au fil des décisions officielles. Le consulter avant de caler une date de départ sur une hypothèse de revalorisation évite la mauvaise surprise vécue par les retraités qui attendaient une hausse Agirc-Arrco en novembre 2025.

Le calendrier 2026 tient sur six dates. Celui de 2028, qui doit revoir l’âge légal, n’a pas encore de texte pour le fixer.

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