Après le décès d’un parent retraité, les familles découvrent souvent que le capital décès promis par la Sécurité sociale n’est ni automatique ni universel. Le capital décès versé à un ancien salarié retraité s’élève à 4 009 € depuis le 1er avril 2026, contre 3 844,80 € pour un ancien travailleur indépendant. Les conditions d’éligibilité diffèrent selon le statut du défunt avant sa retraite et seul le bénéficiaire qui respecte l’ordre de priorité fixé par la loi peut toucher ce montant.
On parle parfois de capital décès retraité ou de capital décès du régime général pour le distinguer du capital d’un contrat d’assurance-vie ou d’une prévoyance privée. Ce sont deux dispositifs différents, qui peuvent se cumuler.
Montant du capital décès en 2026 : 4 009 € ou 3 844,80 € selon le statut
Le capital décès est prévu par l’article L361-1 du Code de la sécurité sociale. Pour un ancien salarié, il s’agit d’un forfait fixe, indépendant du dernier salaire, revalorisé chaque 1er avril : il est passé de 3 910 € en 2025 à 4 009 € en 2026. Pour un ancien travailleur indépendant, le calcul reste indexé sur le plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass), fixé à 48 060 € au 1er janvier 2026 par l’arrêté du 22 décembre 2025 : 8 % de ce plafond donnent les 3 844,80 €. Le texte du Code de la sécurité sociale fixe lui-même un montant de base de 3 400 €, revalorisé chaque année à la date du 1er avril : c’est la revalorisation qui explique l’écart avec le montant réellement versé en 2026.
| Statut du retraité décédé | Montant forfaitaire | Condition d’éligibilité |
|---|---|---|
| Ancien salarié, régime général | 4 009 € | Activité salariée (ou situation assimilée) cessée moins de 3 mois avant le décès |
| Ancien travailleur indépendant (SSI) | 3 844,80 € | Au moins 80 trimestres validés (20 ans) dans le régime des indépendants |
Pourquoi certains dossiers sont refusés
Les deux statuts n’obéissent pas à la même condition d’éligibilité et confondre les deux explique une bonne partie des refus.
Pour un ancien salarié, la règle porte sur le délai : l’activité salariée doit s’être terminée moins de 3 mois avant le décès. Un retraité qui a repris une activité, même modeste, puis l’a arrêtée 4 mois avant son décès ne rend plus sa famille éligible. Un retraité entièrement inactif depuis plusieurs années n’ouvre donc aucun droit à ce titre.
Pour un ancien travailleur indépendant, la règle porte sur la durée de cotisation et non sur un délai récent : il faut avoir validé au moins 80 trimestres, soit 20 ans, dans le régime des indépendants. Cette condition a été assouplie par une réforme entrée en vigueur le 5 avril 2026 : elle n’exige plus que le défunt ait eu le statut d’indépendant juste avant de partir à la retraite, seule la durée de cotisation compte désormais.
Qui touche le capital décès en priorité
L’article L361-4 du Code de la sécurité sociale fixe une règle qui surprend souvent les familles. Pendant le premier mois qui suit le décès, la priorité va à la personne qui était, au jour du décès, « à la charge effective, totale et permanente » du retraité : autrement dit financièrement dépendante de lui. C’est en général le conjoint ou le partenaire de Pacs. Ce peut aussi être un enfant ou un parent resté à sa charge.
Sans personne dans cette situation ou si le délai d’un mois passe sans qu’elle soit invoquée, le capital revient à l’ordre par défaut : conjoint ou partenaire de Pacs, à défaut les enfants, à défaut les ascendants. Un concubin, même reconnu par l’entourage, n’entre dans aucun de ces rangs sauf s’il était effectivement à charge du défunt.
| Rang | Bénéficiaire | Condition |
|---|---|---|
| 1 | Conjoint non séparé de corps ou partenaire de Pacs | Prioritaire dès le premier mois s’il était à charge du défunt |
| 2 | Enfants | À défaut de conjoint ou partenaire prioritaire |
| 3 | Ascendants (parents) | À défaut de conjoint, partenaire et enfants |
Passé ce délai d’un mois, le bénéficiaire prioritaire ne perd pas définitivement ses droits : il redevient un bénéficiaire non prioritaire et sa demande peut alors être concurrencée par d’autres ayants droit. Entre plusieurs bénéficiaires de même rang, par exemple 3 enfants, le capital se partage à parts égales entre eux. Tous les bénéficiaires, prioritaires ou non, disposent au total de 2 ans à compter du décès pour déposer leur demande. Ce délai de prescription, fixé selon le Code de la sécurité sociale (article L361-5), court à partir du jour exact du décès.
Comment demander le capital décès : formulaire S3180 et pièces à fournir

La demande se fait auprès de la CPAM du défunt, avec le formulaire S3180 « Demande de capital décès » (Cerfa n°10431, régulièrement mis à jour dans ses versions successives). Le dossier doit réunir plusieurs pièces avant envoi.
- Le formulaire S3180 rempli et signé
- Un relevé d’identité bancaire (RIB) du bénéficiaire
- Les 3 derniers bulletins de salaire du défunt ou les justificatifs d’activité équivalents pour un ancien indépendant
- Un document attestant du lien de parenté ou du statut de conjoint/partenaire de Pacs avec le défunt
Le dossier complet part à la CPAM dont dépendait le défunt, pas à celle du bénéficiaire. Un dossier incomplet retarde le traitement sans faire courir de nouveau le délai d’un mois réservé au rang prioritaire : mieux vaut réunir toutes les pièces avant l’envoi plutôt que de compléter au fil de l’eau.
Ce qu’on demande encore sur le capital décès retraité
Un concubin peut-il toucher le capital décès ? Pas dans l’ordre par défaut : seuls le conjoint marié non séparé de corps et le partenaire de Pacs y figurent. Un concubin peut néanmoins être prioritaire pendant le mois suivant le décès s’il était effectivement à la charge du défunt, exactement comme un enfant ou un parent dans la même situation.
Le capital décès se cumule-t-il avec une pension de réversion ? Oui, ce sont deux dispositifs distincts. La pension de réversion Agirc-Arrco, égale à 60 % des points de retraite complémentaire du défunt et réservée au conjoint marié (le Pacs et le concubinage n’y donnent aucun droit), continue de se verser mensuellement, indépendamment du capital décès, versé lui en une seule fois.
Que se passe-t-il si la demande arrive après 2 ans ? Le droit est définitivement perdu, y compris pour un bénéficiaire qui n’était pas prioritaire et qui n’avait pas connaissance du dispositif plus tôt. Aucune prolongation n’est prévue au-delà de ce délai.
Peut-on demander le capital décès si le retraité travaillait encore à temps très partiel au moment du décès ? Oui. Pour un ancien salarié, une activité encore en cours au jour du décès satisfait largement la condition des 3 mois, y compris dans le cadre d’un cumul emploi-retraite. Pour un ancien indépendant, c’est la durée de cotisation qui compte, quelle que soit la date d’arrêt d’activité : il faut avoir validé au moins 80 trimestres.