Retraite progressive 2026 : conditions, calcul et démarches

Comprendre la retraite progressive

La retraite progressive vous permet de réduire votre activité professionnelle tout en commençant à percevoir une partie de votre pension, avant même de prendre votre retraite définitive. Vous continuez à cotiser, vous améliorez votre pension finale, et vous préparez la suite sans rupture brutale. Ce n’est ni du cumul emploi-retraite, ni une retraite anticipée : c’est un dispositif à part entière, encadré par le Code de la Sécurité sociale, que la réforme des retraites de 2023 a étendu à de nouveaux publics.

Ce guide détaille les conditions d’accès, la formule de calcul de votre pension provisoire, les étapes de la demande et les pièges à éviter.

Ce que permet concrètement la retraite progressive

En retraite progressive, vous continuez à travailler à temps partiel — entre 40 % et 80 % d’un temps complet. En contrepartie, votre caisse de retraite vous verse une fraction de votre pension, calculée sur la base de votre carrière au moment de la demande. Cette pension est dite « provisoire » : elle sera recalculée au moment de la liquidation définitive, en tenant compte des trimestres et points acquis pendant la période de travail à temps partiel.

Deux éléments distinguent ce dispositif du cumul emploi-retraite. D’abord, vous n’avez pas encore liquidé votre retraite : vous êtes toujours en activité, seulement à temps réduit. Ensuite, vos cotisations retraite continuent de s’accumuler pendant toute la durée du dispositif, ce qui améliore le montant final de votre pension. Avec le cumul emploi-retraite, la pension est définitivement liquidée et les cotisations supplémentaires ne génèrent généralement aucun nouveau droit (sauf option spécifique depuis 2023).

Les 3 conditions à remplir pour y accéder

Depuis le 1er septembre 2025, les conditions d’accès sont les suivantes, selon L’Assurance Retraite :

  • Avoir au moins 60 ans. C’est le seuil abaissé par la réforme 2023, applicable depuis le 1er septembre 2025. Auparavant, l’âge minimal était de 62 ans.
  • Justifier d’au moins 150 trimestres validés, tous régimes de retraite de base confondus. Cela correspond à 37,5 années de carrière. Des trimestres assimilés (chômage, maladie, maternité) comptent dans ce total.
  • Exercer une activité à temps partiel représentant entre 40 % et 80 % d’un temps complet. En dessous de 40 % ou au-delà de 80 %, le dispositif est suspendu.

Ces conditions sont cumulatives. Si vous travaillez à 85 % d’un temps plein, vous ne pouvez pas entrer en retraite progressive — il faudra réduire davantage votre quotité avant de déposer votre demande.

Fonctionnaires et TNS : depuis la réforme 2023, les agents de la fonction publique peuvent aussi accéder à la retraite progressive (décret n° 2023-753 du 10 août 2023, applicable au 1er septembre 2023). Les travailleurs indépendants (artisans, commerçants, professions libérales) y sont également éligibles, à condition de réduire leurs revenus professionnels de 20 % à 60 %.

Comment est calculée votre pension provisoire

La formule est simple : la fraction de pension versée correspond au pourcentage de temps que vous ne travaillez plus.

Exemple concret : votre temps de travail passe à 60 % d’un temps plein. Vous ne travaillez donc plus à hauteur de 40 %. Vous percevez 40 % de la pension que vous auriez touchée si vous aviez liquidé votre retraite définitivement à cette date.

Autre exemple : vous passez à 3 jours par semaine sur 5, soit 60 % du temps plein. Votre pension provisoire = 40 % de la pension estimée. Si cette pension estimée est de 1 600 € par mois, vous percevez 640 € de pension provisoire plus votre salaire à temps partiel.

Cette « pension estimée » est calculée par votre caisse de retraite au moment de votre demande, sur la base de votre relevé de carrière. Elle intègre vos trimestres validés, vos points de retraite complémentaire Agirc-Arrco (pour les salariés du privé) et votre salaire annuel moyen des 25 meilleures années. C’est un calcul provisoire : il sera refait intégralement à la liquidation définitive.

Un avantage que beaucoup de salariés ignorent : votre employeur peut choisir de cotiser sur la base d’un temps plein, même si vous travaillez à temps partiel. Dans ce cas, votre pension finale n’est pas pénalisée par les années passées en retraite progressive. Vérifiez cette option dans votre convention collective ou négociez-la avec votre employeur.

La démarche en 5 étapes

Le dossier se monte en parallèle côté employeur et côté caisse de retraite. Anticipez : les caisses recommandent de déposer votre demande au moins 5 mois avant la date de début souhaitée, selon L’Assurance Retraite.

  1. Négocier le passage à temps partiel avec votre employeur. Votre employeur doit donner son accord écrit. Depuis la réforme 2023, il ne peut refuser que pour un motif légitime lié à l’activité de l’entreprise — un refus de pure convenance n’est pas recevable. Si aucune réponse ne vous est donnée dans un délai de 2 mois, le silence vaut acceptation.
  2. Constituer votre dossier de demande. Pièces à réunir : pièce d’identité en cours de validité, RIB, relevé de carrière (téléchargeable sur info-retraite.fr), contrat de travail à temps partiel ou avenant signé, attestation de votre employeur précisant votre nouvelle durée de travail.
  3. Déposer la demande en ligne. Le service « Demander ma retraite progressive » est accessible depuis votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr. Pour les salariés relevant de plusieurs régimes, chaque régime doit être saisi séparément — l’Agirc-Arrco dispose de son propre formulaire pour la retraite complémentaire progressive.
  4. Attendre la notification de votre caisse. La caisse vérifie vos droits, calcule la fraction de pension et vous adresse une notification d’accord ou de refus. En cas de refus, un recours amiable puis contentieux est possible.
  5. Actualiser votre dossier chaque année. Vous devez retourner un questionnaire annuel à votre caisse, attestant que vous exercez toujours une activité entre 40 % et 80 % d’un temps plein. Sans retour, la pension est suspendue.
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Ce qui se passe à la liquidation définitive

La retraite progressive ne débouche pas automatiquement sur la retraite définitive. Quand vous décidez de partir définitivement à la retraite, vous devez déposer une nouvelle demande de liquidation.

À ce moment-là, votre pension est recalculée depuis zéro : l’ensemble de votre carrière — y compris les trimestres acquis pendant la période de retraite progressive — est pris en compte. Si vous avez atteint entre-temps l’âge du taux plein automatique ou la durée d’assurance requise, votre pension sera calculée au taux plein. Vous ne serez pas pénalisé pour les années passées à temps partiel, à condition d’avoir continué à cotiser normalement sur votre salaire réel (ou sur la base d’un temps plein si votre employeur a choisi cette option).

En pratique, la retraite progressive permet souvent d’obtenir une pension définitive légèrement supérieure à ce qu’elle aurait été sans ce dispositif, car les cotisations versées pendant la période de transition améliorent marginalement le calcul final.

Retraite progressive ou cumul emploi-retraite : comment choisir

Le choix dépend principalement de votre situation face au taux plein.

Si vous n’avez pas encore atteint l’âge du taux plein automatique (67 ans) et que vous n’avez pas tous vos trimestres, la retraite progressive est presque toujours préférable : elle vous évite une décote et vous permet de continuer à acquérir des droits. Liquider prématurément avec une décote, puis cumuler emploi-retraite, est rarement avantageux.

Si vous avez tous vos trimestres et souhaitez partir à taux plein maintenant pour reprendre une activité à côté, le cumul emploi-retraite (libéralisé depuis 2023) peut être pertinent. Mais dans ce cas, vous devez liquider définitivement : pas de retour en arrière.

Un bilan personnalisé via le simulateur de info-retraite.fr permet de comparer les deux scenarii sur votre situation réelle.

FAQ — Retraite progressive

L’employeur peut-il refuser le passage à temps partiel pour la retraite progressive ?

Oui, mais il doit le justifier par un motif légitime lié à l’activité de l’entreprise. Depuis la réforme 2023, un refus sans motif valable est contestable. Deux mois sans réponse de l’employeur valent acceptation.

La retraite progressive est-elle cumulable avec une autre activité professionnelle ?

Non. Pendant la retraite progressive, vous ne pouvez pas exercer d’autres activités professionnelles en parallèle — sauf activités accessoires expressément autorisées. Toute reprise d’activité à temps plein met fin au dispositif.

Que se passe-t-il si mon temps de travail passe temporairement sous 40 % (maladie, congé, etc.) ?

La pension provisoire est suspendue le temps que votre quotité repasse dans la fourchette 40-80 %. Une maladie de courte durée n’entraîne généralement pas de suspension si l’arrêt de travail reste ponctuel : rapprochez-vous de votre caisse pour vérifier votre situation spécifique.

Les trimestres acquis pendant la retraite progressive améliorent-ils la retraite définitive ?

Oui. Les trimestres et points validés pendant la période de retraite progressive sont intégrés au calcul de la pension définitive. C’est l’un des avantages majeurs du dispositif par rapport au cumul emploi-retraite, où les cotisations supplémentaires ne génèrent pas forcément de nouveaux droits.

La retraite progressive est-elle possible si j’ai plusieurs employeurs ?

Oui, à condition que l’ensemble de vos activités salariées soit compris entre 40 % et 80 % d’un temps complet. Chaque employeur doit être informé et chaque contrat doit être à temps partiel. La caisse additionnera toutes vos durées de travail pour vérifier que vous êtes bien dans la fourchette autorisée.

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