Abattement après 65 ans : montants 2026 et conditions de revenu

Comment payer moins d'impôts : conseils pour les retraités de plus de 65 ans

Il existe un abattement fiscal que l’administration applique seule, sans case à cocher ni justificatif à joindre. Beaucoup de foyers concernés l’ignorent : l’abattement spécial pour personnes âgées ou invalides, prévu par l’article 157 bis du code général des impôts. Il retire jusqu’à 5 644 euros du revenu imposable d’un couple. Encore faut-il rester sous le plafond de revenu qui conditionne son application.

Qui y a droit

Deux conditions se cumulent. L’âge d’abord : avoir plus de 65 ans au 31 décembre de l’année d’imposition. Pour la déclaration déposée en 2026, sont concernées les personnes nées avant le 1er janvier 1961.

La condition d’âge tombe pour les titulaires d’une carte mobilité inclusion mention invalidité, ainsi que pour les bénéficiaires d’une pension militaire d’invalidité ou d’une rente d’accident du travail d’au moins 40 %. Ces contribuables y ont droit quel que soit leur âge, ce qui explique le nom complet du dispositif.

Le revenu ensuite. Le calcul porte sur le revenu net global du foyer, celui qui apparaît sur l’avis d’imposition après l’abattement de 10 % appliqué aux pensions. Un retraité qui touche 20 000 euros de pension brute déclare donc un revenu net global d’environ 18 000 euros, ce qui le place dans la seconde tranche du dispositif.

Le statut professionnel n’entre pas dans l’équation. Un salarié encore en activité à 66 ans, un indépendant qui n’a pas liquidé ses droits, un rentier sans pension : tous y ont droit si le revenu net global reste sous le plafond. L’appellation courante d’abattement pour les retraités entretient la confusion, alors que le texte ne parle que d’âge, d’invalidité et de revenu.

Un cas revient souvent après un décès. L’année du veuvage, deux déclarations sont déposées ; le conjoint survivant conserve le bénéfice de l’abattement dès lors qu’il remplit lui-même la condition d’âge. Le plafond de revenu s’apprécie alors sur chacune des périodes déclarées, ce qui ouvre parfois le droit à l’abattement alors que le foyer en était exclu les années précédentes.

Les montants applicables cette année

Revenu net global du foyer Abattement par personne éligible
Jusqu’à 17 670 € 2 822 €
De 17 670 € à 28 430 € 1 411 €
Au-delà de 28 430 € Aucun

Ces montants valent pour l’imposition des revenus 2025. Ils sont revalorisés chaque année dans la loi de finances, en même temps que les tranches du barème.

L’abattement se déduit du revenu net global avant application du barème progressif. Son effet réel dépend donc de la tranche marginale : 2 822 euros retirés de la base font économiser 310 euros à un contribuable taxé à 11 %. Pour celui qui atteint la tranche à 30 %, l’économie monte à 847 euros.

Le doublement pour les couples

Dans un foyer soumis à imposition commune, l’abattement se compte par personne remplissant la condition. Deux conjoints de plus de 65 ans avec un revenu net global de 17 000 euros bénéficient donc de 5 644 euros au total.

Si un seul des deux a passé 65 ans, le foyer n’obtient qu’un abattement. Le plafond de revenu, lui, reste celui du foyer entier : il ne double pas avec le nombre de bénéficiaires. Un couple dont le revenu net global atteint 29 000 euros ne touche rien, même si les deux conjoints ont 70 ans.

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L’effet de seuil qui coûte cher

Le dispositif fonctionne par paliers stricts, sans lissage. Franchir le plafond d’un euro fait disparaître l’abattement entier.

Prenons un couple de retraités au revenu net global de 28 400 euros : chacun bénéficie de 1 411 euros, soit 2 822 euros retirés de la base imposable. Le même couple à 28 500 euros ne bénéficie de rien. 100 euros de revenu supplémentaire déclenchent plusieurs centaines d’euros d’impôt en plus.

Le même mécanisme joue au premier seuil, où l’abattement passe de 2 822 à 1 411 euros par personne. D’où l’intérêt de surveiller son revenu net global avant la fin de l’année quand on se situe près d’une limite. Décaler un rachat d’assurance-vie de quelques semaines suffit parfois à rester du bon côté, tout comme étaler des travaux déductibles sur deux exercices.

Où le vérifier sur son avis

L’abattement apparaît en toutes lettres sur l’avis d’imposition, à la ligne « abattement en faveur des personnes âgées ou invalides », entre le revenu net global et le revenu imposable. Sa présence confirme que l’administration a bien pris en compte l’âge ou l’invalidité.

Trois situations expliquent une absence injustifiée. La date de naissance erronée dans le dossier fiscal, corrigeable depuis l’espace particulier. La carte d’invalidité obtenue en cours d’année et jamais signalée, à déclarer en cochant la case P ou F selon le titulaire. Le premier dépôt d’une déclaration après un décès ou un divorce, où les informations du foyer sont parfois reprises de façon incomplète.

Une omission se rattrape. La réclamation reste possible jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant la mise en recouvrement de l’impôt. Le remboursement porte alors sur les années concernées.

Ce que l’abattement ne fait pas

Il ne réduit ni la CSG ni la CRDS, qui suivent leurs propres seuils calculés sur le revenu fiscal de référence. Un retraité peut donc profiter de l’abattement à l’impôt sur le revenu et rester au taux normal de CSG.

Il se cumule en revanche avec l’abattement de 10 % sur les pensions, qui intervient plus tôt dans le calcul. Les deux ne se remplacent pas : le premier réduit le revenu déclaré, le second réduit le revenu net global une fois toutes les catégories additionnées. Un même foyer peut donc bénéficier des deux la même année.

Autre confusion fréquente, celle avec l’abattement accordé pour le rattachement d’un enfant marié ou chargé de famille. Ce dispositif relève d’un autre article du code, obéit à ses propres montants et n’a aucun lien avec l’âge du contribuable.

Il ne concerne pas non plus la taxe foncière ni la contribution à l’audiovisuel, supprimée depuis 2022. Les exonérations de taxe foncière pour les plus de 75 ans relèvent d’un autre article du code et de conditions de ressources différentes, à ne pas confondre avec ce dispositif.

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