Transférer son ancien PERCO : la question que 9 000 personnes se posent chaque mois (et la réponse concrète)

Femme examinant des documents à domicile
Elle passe en revue ses documents avec attention, installée chez elle. Un moment de gestion et de réflexion au calme.

Faut-il transférer un ancien PERCO vers un PER, le laisser dormir chez l’ex-employeur ou tenter d’en débloquer le contenu ? Le mot-clé PERCO revient environ 9 000 fois par mois dans les recherches Google en France (Ahrefs, 2026), un chiffre qui trahit une confusion installée depuis la fermeture du produit à la commercialisation le 1er octobre 2020. La réponse concrète tient en une phrase : le transfert vers un plan d’épargne retraite (PER) reste possible à tout moment après le départ de l’entreprise, sans justification à fournir, moyennant des frais désormais plafonnés à 1% des droits acquis au lieu de 5%, gratuits au-delà de 10 ans de détention (décret n° 2024-682 du 4 juillet 2024).

PERCO fermé depuis 2020 : toujours vivant chez des millions de salariés

« Je sais pas si je dois transférer mon PERCO ou pas, c’est tellement opaque. » La phrase revient souvent chez qui a changé d’employeur sans jamais recevoir d’explication claire sur le sort de son épargne salariale. Le plan d’épargne pour la retraite collectif ne peut plus être créé dans une entreprise depuis le 1er octobre 2020, selon la fiche officielle de service-public.fr, vérifiée le 1er juin 2026. Les contrats déjà ouverts continuent de fonctionner sans limite de durée et peuvent même accueillir de nouveaux participants si l’entreprise gestionnaire existe toujours. Résultat : à fin 2024, l’encours cumulé du PERCO et de son successeur, le PER d’entreprise collectif, atteint 34,1 milliards d’euros pour 4,2 millions de salariés concernés, selon l’Association Française de Gestion (AFG). Environ 27,2 milliards sont déjà logés dans les nouveaux PER collectifs. Le reste, soit près de 7 milliards, dort encore sur d’anciens PERCO fermés à toute nouvelle souscription.

34,1 milliards d’euros logés sur le PERCO et le PER d’entreprise collectif à fin 2024, pour 4,2 millions de salariés concernés (AFG, enquête annuelle sur l’épargne salariale et retraite, 2025).

Garder, transférer ou débloquer : ce que permet vraiment la loi

Quitter une entreprise n’ouvre aucun droit au déblocage anticipé. L’épargne reste bloquée jusqu’à la retraite, sauf motif exceptionnel prévu par le code monétaire et financier : achat de la résidence principale pour la part versements volontaires, invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage. Trois options subsistent réellement une fois parti : le laisser où il est, le transférer vers le PER collectif du nouvel employeur ou le transférer vers un PER individuel ouvert de sa propre initiative. Aucune de ces options n’est imposée par la loi et rien n’oblige à agir dans un délai donné. La loi Pacte du 22 mai 2019 a ouvert la porte du transfert vers les nouveaux PER, sans le rendre obligatoire. Ce qui change en pratique, une fois le PERCO laissé chez l’ancien employeur, c’est l’abondement : il s’arrête net au départ et les frais de gestion, jusque-là pris en charge par l’entreprise, retombent parfois entièrement sur l’épargnant.

PERCO conservé, PER individuel ou PER du nouvel employeur : ce qui change concrètement

Le choix se résume rarement à une question de rendement, les trois enveloppes investissent souvent dans les mêmes familles de supports. Il tient surtout à l’abondement et aux frais.

PERCO conservé chez l’ancien employeur, PER individuel ou PER collectif du nouvel employeur
Critère PERCO conservé PER individuel (PERin) PER collectif du nouvel employeur
Abondement employeur Arrêté au départ Jamais Possible si le nouvel employeur en propose un
Frais de gestion annuels Souvent maintenus au niveau négocié par l’ex-employeur, sans plus être pris en charge De 0,5% à plus de 2% selon le contrat choisi Négociés par le nouvel employeur, souvent réduits
Sortie à la retraite 100% capital ou rente au choix 100% capital ou rente au choix 100% capital ou rente au choix
Frais pour transférer vers ce support Plafonnés à 1% des droits acquis, gratuits après 10 ans (décret n° 2024-682) Sans objet Sans objet

Un PERCO conservé continue de facturer des frais de gestion calculés sur l’encours total, même quand aucun versement n’est plus effectué depuis des années.

À lire absolument :   Pourcentage de retenue sur une retraite : quel est le plafond de réduction de CSG ?

Le plafond des frais de transfert passe de 5% à 1%

Un décret signé le 4 juillet 2024 (publié au Journal officiel le 6 juillet) a changé la donne. Depuis son entrée en vigueur le 24 octobre 2024, le plafond des frais applicables au transfert d’un ancien produit d’épargne retraite (PERCO, PERP, contrat Madelin, article 83) vers un PER passe de 5% à 1% des droits acquis, avec gratuité totale au-delà de 10 ans de détention du contrat d’origine. Le nouveau plafond s’applique à toute demande déposée depuis le 24 octobre 2024, quelle que soit la date d’ouverture du contrat transféré. Sur un PERCO de 60 000 euros ouvert depuis 6 ans, l’ancien barème autorisait une facture plafonnée à 3 000 euros. Le nouveau la limite à 600 euros. Ce plafond ne couvre toutefois que les frais prélevés par l’organisme quitté. Les frais d’entrée du contrat d’accueil restent fixés librement par l’assureur ou la banque : certains PER individuels affichent encore jusqu’à 5% de frais sur versement, un montant qui peut annuler tout ou partie du gain obtenu sur le transfert lui-même. Beaucoup de guides en ligne, y compris certains publiés par des gestionnaires de patrimoine, continuent de citer l’ancien taux de 5% en vigueur avant octobre 2024, un décalage qui coûte cher à qui s’en sert pour négocier.

Le plafond des frais de transfert passe de 5% à 1%

Le cas de Sophie, PERCO de 22 000 euros ouvert en 2016

Sophie a 58 ans. Elle a travaillé 6 ans chez un employeur qui proposait un PERCO, de 2016 à 2022, avant de rejoindre une entreprise sans dispositif d’épargne salariale. Son PERCO, resté logé chez l’ancien gestionnaire, pèse aujourd’hui 22 000 euros, un montant construit sur le capital initial et des plus-values accumulées sans un seul versement volontaire depuis son départ. Sous l’ancien barème, en vigueur jusqu’en octobre 2024, un transfert vers un PER individuel lui aurait coûté jusqu’à 1 100 euros. Son contrat, ouvert en 2016, franchit cette année la barre des 10 ans de détention : le transfert ne lui coûte plus un centime. Le calcul penche alors sur un autre paramètre, les frais de gestion annuels de son PERCO actuel, souvent supérieurs à ceux d’un PER individuel choisi à frais réduits.

La procédure pour transférer un ancien PERCO

La demande part toujours de l’organisme qui gère le PERCO d’origine, jamais du nouvel accueillant. Un courrier ou un formulaire en ligne suffit généralement, accompagné d’un justificatif d’identité et des coordonnées du contrat PER de destination. Le gestionnaire dispose ensuite d’un délai encadré, jusqu’à 4 mois à compter de la réception du dossier complet, pour exécuter l’opération. Les fonds arrivent ensuite sur le contrat receveur. Les documents à réunir varient peu d’un organisme à l’autre :

  • le relevé de situation du PERCO, remis lors du départ de l’entreprise ou disponible en ligne
  • une pièce d’identité en cours de validité
  • le RIB et les coordonnées du contrat PER receveur

Un salarié encore en poste chez l’employeur gestionnaire du PERCO garde la possibilité de demander un transfert avant son départ mais une seule fois tous les 3 ans.

Le risque de l’inaction : des milliards oubliés à la Caisse des Dépôts

La Caisse des Dépôts conserve aujourd’hui 7,87 milliards d’euros issus de comptes et contrats jamais réclamés, tous produits d’épargne confondus. Pour un plan d’épargne salariale oublié, le montant moyen dépasse 3 250 euros. Elle en a restitué 164,4 millions en 2025, en hausse de 8% sur un an, une goutte d’eau face au stock accumulé. Rien n’oblige à transférer un PERCO. Mais un contrat jamais revisité, dont l’adresse postale n’a pas suivi les déménagements, finit statistiquement par grossir cette réserve.

Un PERCO oublié ne s’évapore pas. Il patiente, immobile, quelque part dans les registres de la Caisse des Dépôts, jusqu’à ce qu’un ancien salarié retrouve son numéro de contrat.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

À lire également
définition du plan d'épargne retraite en entreprise
Lire la suite...

Plan d’épargne retraite d’entreprise : guide 2026

Mis en place par la loi PACTE du 22 mai 2019, le Plan d’Épargne Retraite (PER) d’entreprise regroupe deux dispositifs distincts : le PERCOL (Plan d’Épargne Retraite d’entreprise COLlectif, facultatif)…
avoir droit au cheques alimentaire
Lire la suite...

Est-ce que les retraités ont droit au chèque alimentaire ?

Une nouvelle forme d’aide sociale a vu le jour, elle consiste en un chèque alimentaire destiné aux nécessiteux qui en manquent de moyens financiers. Cette initiative s’adresse spécialement aux retraités…