Rester en bonne santé à la retraite : guide pratique

Personnes âgées nageant dans une piscine.

À 65 ans, un homme peut espérer vivre encore 19,7 ans en moyenne, une femme 23,4 ans. Mais combien de ces années seront vécues sans incapacité ? Selon la DREES (2024), l’espérance de vie sans incapacité à 65 ans est de 11,8 ans pour les femmes et 10,5 ans pour les hommes. Ce chiffre n’est pas une fatalité : les habitudes de vie, le suivi médical et les aides disponibles permettent de faire pencher la balance. Ce guide rassemble les recommandations officielles et les dispositifs concrets pour rester en bonne santé après la retraite.

Adapter son alimentation après 60 ans : ce que dit le PNNS

Le corps change après 60 ans : le métabolisme ralentit, la masse musculaire diminue naturellement (phénomène appelé sarcopénie), et la sensation de soif s’émousse. Le Programme National Nutrition Santé (PNNS 4), dont les repères ont été révisés par le Haut Conseil de la Santé Publique en 2021, intègre ces spécificités.

Les repères nutritionnels à retenir

  • Protéines : les besoins augmentent légèrement avec l’âge — 1 g par kilo de poids corporel par jour (contre 0,8 g pour un adulte plus jeune). Varier les sources : viandes maigres, poissons, œufs, légumineuses et produits laitiers.
  • Fruits et légumes : 5 portions minimum par jour, pour les vitamines, minéraux et fibres. Les cuissons douces préservent mieux les micronutriments.
  • Produits laitiers : 2 à 3 portions par jour (150 mL de lait, 125 g de yaourt, 30 g de fromage) pour couvrir les besoins en calcium et prévenir l’ostéoporose.
  • Hydratation : boire au moins 1,5 litre d’eau par jour, même en l’absence de soif — la sensation de soif décroît avec l’âge et la déshydratation peut s’installer sans signal d’alarme clair.
  • Sel et sucres ajoutés : les limiter pour contrôler la tension artérielle et la glycémie.

Le mot d’ordre du HCSP pour les plus de 75 ans : le plaisir de manger reste central. La dénutrition est un risque réel dans cette tranche d’âge ; mieux vaut maintenir le goût de cuisiner que de se contraindre à un régime restrictif.

Activité physique : la règle des 150 minutes par semaine

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande aux personnes de 65 ans et plus de pratiquer chaque semaine :

  • 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée (marche rapide, vélo, natation tranquille) OU 75 minutes d’activité d’intensité soutenue ;
  • Des exercices de renforcement musculaire au moins 3 fois par semaine ;
  • Des exercices d’équilibre au moins 3 jours par semaine pour prévenir les chutes.

Un conseil pratique des cardiologues souvent cité : la règle « 0-5-30 » — 0 cigarette, 5 fruits et légumes par jour, 30 minutes d’activité physique quotidienne. Simple à mémoriser, elle couvre l’essentiel des facteurs de risque cardiovasculaire.

Les activités accessibles sans équipement

Pas besoin d’une salle de sport : la marche rapide reste l’activité la plus recommandée — elle sollicite la circulation sanguine, entretient les articulations et s’adapte à tous les niveaux. La natation est idéale pour les personnes souffrant de douleurs articulaires (aucun choc mécanique). Le yoga et le tai chi améliorent l’équilibre et réduisent le risque de chute, deux préoccupations majeures après 70 ans.

Un médecin ou un kinésithérapeute peut prescrire une activité physique adaptée (APA), remboursée dans le cadre du dispositif « sport sur ordonnance » pour les personnes en affection longue durée.

Les bilans de santé gratuits à ne pas rater

L’Assurance Maladie propose deux rendez-vous de prévention entièrement gratuits et souvent méconnus.

Mon bilan prévention entre 60 et 65 ans

Ce rendez-vous disponible sur ameli.fr permet d’échanger avec un professionnel de santé sur les habitudes de vie, les facteurs de risque et les dépistages à réaliser. Il est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais. Les thèmes abordés : activité physique, alimentation, consommation d’alcool et de tabac, santé mentale, sommeil, et dépistages des cancers.

Mon bilan prévention entre 70 et 75 ans

Un second rendez-vous est proposé à cette tranche d’âge, avec un focus sur le maintien à domicile et l’autonomie. C’est le moment idéal pour découvrir le programme ICOPE (Integrated Care for Older People), qui évalue les 6 fonctions essentielles au maintien de l’autonomie : mobilité, cognition, vitalité psychologique, état nutritionnel, acuité visuelle et audition.

Les dépistages à planifier

  • Cancer colorectal : test de dépistage gratuit tous les 2 ans entre 50 et 74 ans (kit envoyé par la Sécurité sociale).
  • Cancer du sein : mammographie de dépistage prise en charge à 100 % tous les 2 ans pour les femmes de 50 à 74 ans.
  • Pression artérielle et glycémie : à contrôler à chaque consultation de médecine générale.
  • Vue et audition : une baisse non corrigée favorise l’isolement et les accidents. Un bilan ophtalmologique et audiométrique régulier est recommandé.
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Préserver sa santé mentale : lien social et stimulation cognitive

La retraite peut représenter une rupture brutale avec le rythme professionnel. L’isolement social est un facteur de risque indépendant pour la dépression et le déclin cognitif. Quelques pistes concrètes :

  • Maintenir un cadre structuré : horaires réguliers, activités récurrentes. Le cerveau aime la routine autant que la nouveauté.
  • S’engager dans une association ou un club : bénévolat, club de lecture, association de quartier — le sentiment d’utilité est un puissant facteur de bien-être.
  • Apprendre quelque chose de nouveau : une langue, un instrument, un logiciel. Les universités du temps libre (UTL) et les structures U3A proposent des cours adaptés.
  • Consulter si besoin : la dépression est fréquente mais souvent sous-diagnostiquée chez les retraités. Un médecin généraliste peut orienter vers une prise en charge psychologique remboursée.

Le sommeil mérite également une attention particulière : les troubles du sommeil augmentent après 60 ans et ont un impact direct sur la mémoire, l’humeur et l’immunité. Des difficultés persistantes justifient une consultation.

Les aides de l’Assurance Retraite pour bien vieillir à domicile

L’Assurance Retraite propose aux retraités du régime général encore autonomes (classés GIR 5 ou 6 selon la grille AGGIR) un Plan d’Actions Personnalisé (PAP). Ce dispositif peut financer :

  • Des aménagements du domicile (barres d’appui, éclairage, rampes) via un kit prévention disponible en 3 niveaux (100, 200 ou 300 €) ;
  • Des aides à domicile ponctuelles ;
  • Des séjours de vacances adaptés ou des actions collectives de prévention.

Le plafond est fixé à 3 000 € par an, participation du retraité et aide de la CARSAT incluses. Pour en bénéficier, il suffit de contacter sa CARSAT (Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail) ou de faire une demande directement sur lassuranceretraite.fr.

Au-delà du PAP, les caisses de retraite complémentaire (Agirc-Arrco pour les salariés du privé) proposent également des actions de prévention et d’accompagnement social : ateliers bien-vieillir, bilans de prévention spécifiques, aides au maintien à domicile.

FAQ : vos questions sur la santé à la retraite

Quel bilan de santé faire dès le départ en retraite ?

Le mieux est de commencer par le bilan de prévention proposé par votre médecin généraliste, idéalement dans la tranche 60-65 ans via le dispositif « Mon bilan prévention » d’ameli.fr (gratuit à 100 %). Ce rendez-vous permet de faire un point complet sur les facteurs de risque, les vaccinations à mettre à jour (grippe, zona, rappel tétanos) et les dépistages à programmer selon votre âge et vos antécédents.

Combien de temps faut-il marcher par semaine après 65 ans ?

L’OMS recommande 150 minutes d’activité modérée par semaine, ce qui correspond à environ 30 minutes de marche rapide 5 jours sur 7. L’essentiel est la régularité : même 10 minutes plusieurs fois par jour ont un bénéfice mesurable sur la santé cardiovasculaire et la prévention des chutes. L’Inserm le confirme : après 65 ans, toute activité supplémentaire est bénéfique.

Faut-il manger plus de protéines à la retraite ?

Oui. Après 60 ans, les besoins en protéines augmentent légèrement : environ 1 g par kilo de poids corporel par jour (contre 0,8 g pour un adulte jeune), selon les recommandations du HCSP dans le cadre du PNNS 4. Cela représente par exemple 70 g de protéines pour une personne de 70 kg. Varier les sources — animales (œuf, poisson, viande maigre) et végétales (lentilles, pois chiches, tofu) — permet de couvrir ces besoins sans excès de graisses saturées.

L’Assurance Maladie finance-t-elle des bilans de prévention gratuits ?

Oui. Le dispositif « Mon bilan prévention » est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais ni dépassement d’honoraires. Il est proposé à deux âges clés : entre 60 et 65 ans, et entre 70 et 75 ans. Il se déroule chez votre médecin traitant, un infirmier ou un pharmacien habilité. Les informations sont disponibles sur ameli.fr.

Comment éviter l’isolement social après la retraite ?

L’isolement ne survient pas du jour au lendemain, mais il peut s’installer progressivement avec la perte du cadre professionnel. Plusieurs leviers existent : rejoindre une association locale, s’engager dans le bénévolat, suivre des cours à l’université du temps libre, ou maintenir des contacts réguliers avec la famille et les amis. Si une tendance au repli ou des signes de dépression apparaissent, il ne faut pas hésiter à en parler à son médecin généraliste, qui peut orienter vers une prise en charge adaptée remboursée par l’Assurance Maladie.

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